mercredi 24 décembre 2008

Levantines

Deux poèmes déjà démodés issus des Levantines :


SOIR BLANC

Ô Beauté des clochers debout sur l'air confus
Allumant des dédales
L'ombre enserre déjà de tintements perdus
Les longs chantiers ovales.

Mais comme je m'effraie que les Sereins sommeillent !
Leurs béates dérives
Laissent le ciel glacé dormir au fer des treilles
Blanc, sur la perspective.

Vous ! Saints extasiés qui tordent les coupoles
Le vent vous souffle au loin
Si l'on veut faire courber comme vapeur d'alcool
Votre flamme au matin.

Reste ce fleuve de cuivre que brûlent à l'horizon
Les longues cheminées
Et le désir atone de voir rougir le son
Des plaines dépouillées.



ТАВРИДА

Entre les montagnes rondes et les vallées gorgées
La route des maîtres en chute
Et des hommes usés
Vers la mer
- Des pas et des livres grossissent encore les vignes
Longues plages et longues langueurs
Les villes Simferopol Sébastopol Théodosie
Marche grecque
Dans la tiédeur et les floraisons

Là les abricotiers naissent et meurent sur les balcons
Les barques brillent
Et la rive s'ouvre en escaliers

De la plage jusque plus haut que les derniers cyprès
La couleur et la senteur sur les pentes
Somnolence des peuples - indolence du vent
Se perdre voir sous les fleurs
Rire d'une rue et rire de la vie

Et les paupières se ferment
Des lilas poussent et des envies d'amour
Qui peignent sur les murs et cherchent des visages...
Aimer toujours de loin
La mer et la Turquie viennent sonner sous les herbes
Une vieille Lada grimpe la côte
Entre les bleuets à moustache

Mais quand les soirs s'enroulent
Une femme évidemment
- Effroi - dans la longue rue marine
Marine avec des bruits avec des parfums
De femme
Fureur
Le long des barques
C'était déjà Tabriz
C'était Damas
Elle n'est ni jeune ni jolie

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